Perpignan, ville de couleurs, riche en histoire


 

Perpignan, ville de couleurs, riche ville d’histoire. Situé dans les Pyrénées Orientales, le mont Canigou veille sur elle.

Perpignan, vue sur le Canigou

Perpignan, vue sur le Canigou

Dans le centre, ses petites rues étroites, ses maisons de briques et de pierres et celles en colombages et encorbellement, témoignent d’un long passé. Elles nous rappellent l’architecture antique et médiévale qui utilisait les matériaux traditionnels de proximité, extraits de ses sols alentours (briques, galets de rivière, granite, marbre de Villefranche-de-Conflant et schiste de fer forgé) (1).

La découverte de la ville m’a amenée cette fois-ci à arpenter les rues du Quartier St.Jacques. Un quartier défavorisé depuis longtemps.

 

 

Illustration de bâtiments chargés d’histoire, superbement restaurés et mis en valeur :

 

Focus sur le quartier Saint-Jacques

‘Situé sur une colline, le Puig, le quartier Saint-Jacques a été créé par les rois d’Aragon, peut-être dès la fin du XIIe siècle dans l’intention d’y étendre la ville. Rapidement pourvu d’une église (St Jacques), il constitue l’une des trois nouvelles paroisses du XIIIe siècle. Il accueille d’abord un hôpital de lépreux, avant de devenir le quartier juif, le call. Il attire aussi les tisserands, grâce au transfert du marché, les jardiniers, qui exploitent les proches jardins de Saint-Jacques et, au XIXe siècle, les ouvriers de l’usine de papier à cigarettes JOB […]’ – Source : Découverte du patrimoine de Perpignan, quartier par quartier. Ed. Mairie de Perpignan – Cf. Quartier St Jacques (p.10).

En fait, le quartier Saint-Jacques est tout proche du centre historique touristique, formant un dédale de petites rues aux bâtisses souvent vétustes. Il semble stigmatiser depuis des siècles, les populations rejetées de la société. Après 1493 à la fin des Majorquins et à l’instauration de l’inquisition, il deviendra le quartier juif. Il le restera pendant plusieurs siècles, jusque dans les années 1940 où pour se sauver ils vendront leur bien. Depuis, les gitans, ces ‘étrangers de l’intérieur‘ autrefois semi-nomades, y occupent désormais les lieux de manière sédentaire mais dans la précarité. Ils seraient un peu plus de 40 % partageant le quartier avec les Magrébins (40 %). (3) (4)

Les maisons sont insalubres, des immeubles menacent de s’effondrer (Reportage FranceInfo) lors les familles sont délogées, des îlots entiers sont détruits laissant place à des espace libres, en attentent de promoteurs.
En 2014, une maison s’est écroulée (cf.France3 – 04/12/2014), le poids des ans accumulés sans entretien aura eu raison de sa fragilité. Aujourd’hui, la rue est toujours barrée et des poutres en bois soutiennent d’autres bâtisses.

 

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HISTOIRE DE PERPIGNAN :

‘Il n’y a pas de continuité entre la ville antique de Ruscino, fondée au VIIIe siècle avant J.-C., abandonnée au Ier siècle de notre Ère, et Perpignan, qui apparaît en 927 seulement. Toutefois, Ruscino, d’abord capitale des Sordes puis romanisée, est située à quelques kilomètres du site initial de Perpignan.
Dès la fin du Xe siècle, Perpignan échoit aux comtes de Roussillon-Empuries, qui en font bientôt leur capitale. Au XIIe siècle, la ville passe sous le contrôle des rois d’Aragon et, en 1197, le roi Pierre II la dote d’un consulat.

Capitale du royaume de Majorque de 1276 à 1344, la ville connaît une période faste marquée par le développement du commerce, le succès de ses foires, l’essor de la draperie et la construction du palais des Rois de Majorque. Quand la ville redevient aragonaise, le roi Pierre IV la dote d’une université, en 1350, puis d’un tribunal de la mer, en 1388, pour lequel on construit en 1397 une « loge », maison pour les consuls de mer. Depuis le XIIIe siècle, l’Inquisition traque les hérétiques tandis que les juifs doivent désormais résider dans un quartier particulier de la ville (*dans le quartier St Jacques).

Autre minorité, dont la présence est attestée jusqu’au XVe siècle : les esclaves, venus de tout le bassin méditerranéen. À partir de la seconde moitié du XVe siècle, la ville décline en raison des guerres entre héritiers du roi d’Aragon et des visées expansionnistes du roi de France : Perpignan est même occupée par les Français de 1475 à 1493.
La lutte entre la France et l’Espagne reprend au XVIe siècle et se poursuit au siècle suivant : en 1642, Perpignan devient française.

L’annexion est confirmée par le traité des Pyrénées de 1659, mais la population perd une grande partie de ses droits traditionnels, et Vauban l’enserre dans un polygone de 82 hectares, plus grand que la superficie habitée, rendant difficile jusqu’au début du XXe siècle l’expansion urbaine. Toutefois, au XVIIIe siècle, l’administration française réussit à imposer des travaux novateurs et hygiénique […]’
Source : Encyclopedie Universalis  « Perpignan, France » de Jean Sagnes et Jean-Paul Volle.

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L’église Saint-Jean-le Vieux à Perpignan (cf. Site officiel de la Ville de Perpignan) est l’église primitive de la ville. Le 16 mai 1025 y est célébrée sa consécration dédiée alors à Saint-Jean-Baptiste. Elle est classée et propriété de la ville de Perpignan.

 

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SOURCES / BIBLIOGRAPHIE :
  1. L’architecture privée à Perpignan 1900-1950 : de l’esthétique « Beaux -Arts » au pittoresque moderne. In situ, revue des patrimoines, 2005 – Auteurs : Thierry Lochard, Inventaire Région Languedoc-Rossillon – Lisabelle Pagniez, Direction du Patrimoine et de l’Archéologie Ville de Perpignan.
  2. Le livre des Gitans de Perpignan – le seul livre sur l’histoire des Gitans nord catalans, rédigé avec la population gitane de Perpignan (19/04/2014)
  3. Gitans de Barcelone à Perpignan : crises et frontières de Alain Tarrius et Lamia Missaoui – Revue européennes des migrations internationales / Année 1997 / Volume 13 / Numéro 3  / pp.99-119 (fait partie d’un numéro thématique : les catalogues, laboratoire de l’Europe)
  4. Perpignan, un brasier mal éteint Quartier Saint-Jacques. Ariane Chemin « Le Monde » (10/06/2005). Décryptage sur les communautés du quartier St Jacques à Perpignan où Gitans et Magrébins se font face. Origine de la violence qui a enflammé le quartier en 2005.
  5. Biographie de Joseph Bardou, fondateur des feuilles de papier à cigarettes reliées JΔB en 1839. L’usine et la maison familiale se trouvaient à l’Hôtel particulier dit Pams, rue Zola.

 

Ch

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L’hôpital Saint-Louis (Paris) historique


 

L’Hôpital Saint-Louis est le plus ancien* hôpital de Paris par son quadrilatère d’origine (1607-1612) classé monument historique. Il est à l’image d’un vase clos en autarcie, expressément conçu pour contenir les terribles épidémies de peste qui sévissaient depuis la fin du Moyen-Âge.

Ses portes s’ouvrent aux premiers malades en 1616, lors d’une épidémie, et restera en service sans discontinuer jusqu’en 1646, puis par intermittence ; il dépendait de l’Hôtel-Dieu depuis le début. Ce n’est qu’à partir de 1773 (après l’incendie de l’Hôtel Dieu) qu’il restera ouvert sans plus jamais refermer et évoluera vers un hôpital ‘pour tous’ alors que les grandes épidémies disparaissent.

Depuis il s’est agrandit et aujourd’hui l’ancien et le moderne se marient harmonieusement.

* De l'Hôtel-Dieu, 1er hôpital de Paris (fondé en 651), il ne reste plus trace 
de ses bâtiments historiques de 1255. Ils étaient près de la Seine, face à Notre-Dame 
mais ont été détruits par l'incendie de 1773 
puis intégralement démolis par Haussmann en 1878. 
La 'nouvelle' construction telle qu'on la connaît aujourd'hui (face Nord parvis Notre-Dame) 
a été achevée en 1875.

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Lorsqu’on pénètre ici, une fascination vous prend aux tripes… Dés l’entrée, ces toitures pentues vous plongent dans une histoire d’humanité bien particulière.

 Je vous propose, ci-après, l’immersion dans ce bâtiment et son histoire à travers les écrits déjà existants d’historiens, de scientifiques et de chercheurs contemporains ou d’époque – toutes les sources sont citées.

 

PLAN

1 – Origine de l’hôpital Saint-Louis
2 – Sa construction
3 – Salles des malades
4 – Les eaux de l’hôpital Saint-Louis
5 – Le musée de moulage
6 – Les innovations au fil du temps
– Plan et localisation (l’hôpital St Louis)

Galerie Photos

♦ Les épidémies de peste
♦ Les plus anciens hôpitaux d’Europe
Sources / Bibliographie / Sitographie

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100 ans séparent ces photos, Paris


Je vous propose un voyage à travers le temps, avec ces photos témoins d’histoire d’humains.

 

Rue Henri Turot, Paris 19e

Il s’agit là de l’ancienne rue Asselin (1) ouverte en 1840. Elle commence boulevard de la Villette et s’achève avenue Simon Bolivar, après un « S ». Trois temps d’histoire qui se répètent pourraient décrire cette rue :

Depuis la fin du 18e siècle, c’est toute une population déshéritée, d’une extrême pauvreté, des immigrés de province et de l’étranger qui avaient pris refuge là. Certains travaillaient sur les Buttes-Chaumont d’où étaient extrait le gypse.  Ils vivaient ici, à flanc de colline dans des abris de fortune construits au fur et à mesure, c’était devenu un bidonville. Ce lieu faisait alors parti de la commune de Belleville. La Ville de Paris a voulu se protéger d’une population indésirable en construisant l’enceinte des fermiers généraux (de 1785 à 1790).

Ce n’est qu’en 1840 que la rue Asselin (1) est percée, conçue dans un plan d’urbanisme pour ‘assainir’ le quartier. Les premiers habitants en ont été chassés, relégués plus loin encore et leur habitat ont été détruits, rasés pour construire des logements en dur destinés aux ouvriers défavorisés. Les matériaux utilisés provenaient probablement de l’enceinte. Mais l’histoire se répète et au fil du temps, ce quartier était devenu sordide, insalubre, d’une grande pauvreté et un haut lieu de la prostitution ‘au rabais’. Cf. Eugène Atget, photographe (1857-1927) + les écrits sur la misère de Paris : « Prostituées de la rue Asselin, 1925 « .

Dans les années 1930, un nouveau programme d’assainissement est votée. Des logements sociaux en briques jaunes, y sont construits en 1932 (dans le même but qu’en 1840, ‘assainir’ le quartier). La rue est renommée rue Henri Turot (2) en 1935 du nom de l’explorateur.

  1. Rue Asselin, vers 1900 – La perspective qui fuit l’escalier reflète le relief marqué du quartier.
  2. Rue Henri Turot, juin 2015 – Les escaliers ont disparu, les immeubles en face (des logements sociaux) ont été achevés en 1932. Depuis les attentats de janvier 2015, des soldats se relaient devant une école de confession juive.

 

 

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